Il y avait cette époque où je rentrais d’un séminaire et je savais que quelqu’un m’attendrait pour débattre jusqu’à l’aube. Pas forcément mon mec du moment, parfois juste un amant de passage qui aimait autant Foucault que le sexe. On pouvait passer de la déconstruction du pouvoir à se déshabiller en trois phrases. C’était fluide, évident.
Maintenant je rentre dans mon studio du Grand-Quevilly et je me fais réchauffer une soupe. Je corrige des copies. Je regarde des séries. Je me touche toute seule en pensant à des conversations qui n’existent plus.
Ce qui me manque c’est pas vraiment la queue, enfin si aussi évidemment, mais c’est surtout cette complicité intellectuelle qui glissait naturellement vers le physique. Quelqu’un avec qui je pouvais parler de ma thèse sur les représentations du désir féminin et cinq minutes après être à genoux. Sans transition forcée. Sans que ce soit bizarre.
Je me suis inscrite sur ce club annonce sexe parce que les applications classiques c’est devenu insupportable. Tout le monde joue un rôle. Moi je voudrais juste retrouver ce dialogue brut, cette spontanéité où on se comprend avant même de se toucher.
Si t’as envie de discuter vraiment, et peut-être plus si l’alchimie opère, écris-moi. Pas besoin de me séduire avec des phrases toutes faites. Juste d’exister honnêtement.