Mon fils a déménagé ses affaires samedi dernier. Cartons, meubles, toute sa vie d’étudiant partie d’un coup. La maison fait le double de volume maintenant. Je tourne en rond depuis. J’ai quarante mètres carrés de parquet ciré, trois chambres vides, et cette envie qui me prend par vagues de plus en plus rapprochées.
Je parcours les annonces de rencontres comme on feuillette un catalogue. Sauf que moi je sais exactement ce que je veux. Un homme qui comprend qu’une femme de cinquante-huit ans n’attend ni romantisme de pacotille ni promesses. Juste quelqu’un qui sait encore ce que désirer veut dire.
J’ai mis une robe hier pour aller chercher du pain. Pas par hasard. Pour sentir le tissu contre mes cuisses, pour voir si j’existais encore dans le regard des hommes. Ça a marché. Trop bien même. Sauf que les regards ne suffisent plus.
Calais c’est pas immense. On se croisera peut-être au Auchan, à la médiathèque, au marché du samedi. Tu me reconnaîtras pas forcément. Cheveux courts poivre et sel, silhouette encore ferme, regard direct. Mais si tu cherches la même chose que moi, si t’en as marre de faire semblant, contacte-moi. J’ai du temps libre, une maison discrète, et cette fringale qui me lâche pas.