Il y avait cette façon qu’il avait de me regarder quand je parlais de mon travail, de mes journées banales, de rien en fait. Cette attention qui rendait chaque détail important. Ça fait longtemps que je n’ai plus ça.
Mon mari rentre, mange, regarde son téléphone. Je raconte ma journée dans le vide. Il hoche la tête sans lever les yeux. Je pourrais lui dire n’importe quoi, il répondrait « hmm » de la même manière. Alors j’ai arrêté de parler. Et le silence s’est installé pour de bon.
Je suis pas venue sur ce club de rencontre pour une histoire compliquée ou pour refaire ma vie. Je cherche juste un homme qui sait encore écouter. Qui répond quand on lui pose une question. Qui rigole à une blague stupide. Qui s’intéresse à ce que je dis même si c’est pas passionnant.
Schœlcher ou les environs proches. Discrétion nécessaire évidemment. Je peux me libérer en journée, parfois en soirée avec un prétexte. J’ai trente-huit ans, des formes généreuses que j’assume, une envie simple de me sentir écoutée avant tout le reste. Si le reste vient, tant mieux. Mais d’abord les mots. Le dialogue qui manque tellement.
Voilà. C’est dit.