J’ai viré mon stagiaire hier parce qu’il me regardait les jambes pendant que j’expliquais un dossier. Vingt-deux ans, le mec. Il croyait être discret. Il l’était pas.
Le truc c’est que ça m’a énervée sur le moment, mais une fois rentrée chez moi à Boulogne-Billancourt, j’ai réalisé que ça faisait des mois qu’on me regardait plus comme ça. Comme une femme. Juste comme une chef. La patronne. Celle qui signe les contrats et qui gueule quand les chiffres sont pas bons.
J’ai vingt-trois ans bordel. Je porte des tailleurs parce que ça impose le respect dans les réunions. Mais en dessous j’ai un corps qui demande qu’à vivre. Et personne ose m’approcher. Les mecs de mon âge sont intimidés. Les plus vieux me voient comme une gamine qui joue à la grande.
Je cherche un homme qui va pas se dégonfler devant moi. Quelqu’un qui comprend qu’une femme peut diriger une boîte la journée et avoir envie de lâcher prise le soir. Quelqu’un qui sait que le tailleur se retire. Que je suis pas juste ma fonction.
Si t’es du genre à avoir besoin que je prenne toutes les décisions aussi au lit, passe ton chemin. Je viens sur ce club femme disponible justement pour trouver un mec qui saura prendre les choses en main. Pour une fois.