J’habite au troisième étage et ma fenêtre donne pile sur la cour intérieure. Depuis six mois, je regarde mon voisin du cinquième se déshabiller tous les soirs vers vingt-trois heures. Il ne ferme jamais ses volets. Moi non plus d’ailleurs.
Au début je me disais que c’était un accident, que j’étais tombée sur le spectacle par hasard. Maintenant j’attends cette heure précise comme une débile, lumière éteinte chez moi, rideau entrouvert juste ce qu’il faut. Il sait que je suis là. J’en suis certaine. Parfois il prend son temps, il se tourne vers ma fenêtre, il regarde dans ma direction.
Le problème c’est que ça ne me suffit plus. Je veux savoir s’il a conscience de ce petit jeu qu’on joue depuis des mois. Je veux savoir si ça l’excite autant que moi. Je veux surtout arrêter de fantasmer toute seule derrière ma vitre comme une gamine.
Alors voilà mon défi : si t’es capable de deviner dans quel quartier de Sète on peut avoir ce genre de cour intérieure, si t’as déjà joué à ce jeu-là ou si l’idée te fait bander, écris-moi. Pas besoin de tourner autour du pot pendant trois semaines sur ce club rencontre de ma région. Dis-moi juste ce que tu ferais si t’étais à ma place. Ou à la sienne.