Je crois que je n’ai jamais vraiment accepté mon corps. Pas comme ces femmes qui disent qu’elles s’assument à cent pour cent et que tout le monde devrait les aimer comme elles sont. Moi non. J’ai passé trente ans à me trouver trop grosse, trop molle, pas assez ferme. À éviter les miroirs en pied. À me dire que si je perdais quinze kilos tout irait mieux.
Et puis mon mari est parti. Pas à cause de mon poids, enfin je crois pas. Ou peut-être que si, allez savoir. Il m’a dit qu’il avait besoin d’autre chose. Moi aussi j’ai besoin d’autre chose figure-toi. J’ai besoin qu’on me regarde comme si j’existais encore. Pas avec pitié. Pas avec ce sourire poli qu’on fait aux femmes d’un certain âge qui osent encore vouloir quelque chose.
J’habite près de Calvi, dans une maison trop grande pour une personne seule. Je me suis inscrite sur ce club rencontre rapide parce que franchement, je sais pas où chercher ailleurs. Les bars? Je me vois mal. Les applis classiques? On swipe à droite sur les minces.
Je voudrais juste qu’un homme me touche sans que j’aie l’impression de devoir m’excuser d’exister. Quelqu’un qui comprenne qu’une femme BBW de quarante-huit ans a autant de désir qu’une autre. Peut-être même plus, parce que ça fait tellement longtemps que je retiens tout.