Mes mains passent des heures sur celles des autres.
À caresser, masser, vernir.
Des gestes lents. Précis. Intimes sans l’être vraiment.
Je connais la texture de ta peau avant même que tu parles. Je sens si tu es tendu rien qu’en touchant tes doigts. Certains hommes ferment les yeux quand je masse leurs paumes. Ils respirent différemment. Moi aussi.
Cinquante-six ans et cette envie qui ne faiblit pas. Au contraire. Je sais exactement ce que je veux. Un homme qui comprend le langage du toucher. Qui sait qu’une main qui s’attarde n’est jamais innocente. Que le bout des doigts peut promettre bien plus.
Je travaille seule dans mon petit salon à Sada. Porte fermée. Stores baissés l’après-midi quand la lumière est trop violente. L’intimité me plaît. Toujours.
Ce club de rencontres discrètes me convient parfaitement parce que je n’ai besoin ni de grands discours ni de complications. Juste d’un homme qui sait lire ce qui ne se dit pas. Qui aime prendre son temps. Mes rendez-vous durent une heure mais on peut toujours prolonger quand l’envie est là.
Si tu passes tes mains dans mes cheveux, je saurai tout de suite si on parle le même langage.