Je reprends mes études à cinquante-six ans. Ça fait rire mes enfants, ça inquiète ma sœur, et franchement je m’en fous un peu. Licence de lettres modernes à Mulhouse, amphi avec des gamins qui ont l’âge de mes propres enfants, et moi au fond avec mes surligneurs et mon thermos de thé. Divorce finalisé il y a deux ans, appartement refait à neuf, vie refaite aussi je suppose.
Sauf que.
Sauf qu’il y a ce truc que personne ne dit quand on recommence à zéro passé cinquante ans. Cette sensation bizarre d’être complètement libre et complètement perdue en même temps. Je veux dire, j’ai le droit de faire ce que je veux maintenant. Personne pour me demander où je vais, avec qui, pourquoi je rentre tard. Et paradoxalement je sais pas quoi en faire de cette liberté.
Je suis tombée sur ce club rencontre de ma région un peu par hasard. Enfin, par hasard. Disons que j’ai cherché activement après trois verres de vin un vendredi soir. Et là je me dis que peut-être, peut-être que c’est exactement ce qu’il me faut. Pas un mec qui va me demander mes projets de vie. Juste quelqu’un avec qui partager quelque chose de simple, de physique, de présent. Sans passé lourd, sans futur flou.
Je sais même pas si ce genre de message se fait ici. Mais voilà. Mulhouse. Disponible. Curieuse.