Ma pause déjeuner se termine dans vingt minutes et je suis là, derrière mon comptoir, à taper ça sur mon téléphone entre deux clients. Pathétique peut-être, mais je m’en fous. J’ai besoin de quelqu’un maintenant, pas demain, pas la semaine prochaine.
Pharmacienne à Saint-Denis, blouse blanche impeccable, sourire professionnel toute la journée. Mais dessous je deviens dingue. Vingt-six ans et j’en ai marre de rentrer chez moi pour me toucher seule en pensant à des scénarios que personne ne réalisera jamais.
Je cherche un homme qui peut se libérer rapidement. Qui comprend l’urgence sans poser mille questions. Discrétion totale évidemment, je peux pas me permettre que ça se sache dans le quartier. J’ai pensé m’inscrire sur un club sexe discret depuis des mois mais là ça devient physiquement insupportable.
Disponible en fin de journée après la fermeture, dix-neuf heures trente. Ou pendant ma coupure demain, treize heures quarante-cinq pile. Je connais un endroit tranquille pas loin de la basilique. Propre, anonyme, fonctionnel.
Si t’es du genre à vouloir discuter pendant des heures avant, passe ton chemin. Si par contre tu captes l’intensité de ce que j’écris là, réponds vite.