Je pensais que ça passerait avec le temps. Que cette sensation de vide finirait par s’estomper si je la laissais tranquille. Mais non. Elle est toujours là le matin quand j’enfile mes bas, l’après-midi quand je range les dossiers dans le silence du bureau, le soir quand je retire tout ça avant de me coucher seule.
Ma vie ressemble à une routine bien huilée vue de l’extérieur. Appartement propre à Limoges, travail stable, quelques sorties entre collègues. Personne ne devine que je passe mes soirées à imaginer des scénarios qui n’arriveront jamais si je ne fais rien. Des mains qui déboutonnent lentement un chemisier. Un regard qui s’attarde sans détourner les yeux. Une voix grave qui dit exactement ce qu’elle veut.
Je porte de la lingerie tous les jours. Pas pour séduire qui que ce soit au bureau, évidemment. Pour moi. Parce que ça me fait sentir vivante sous mes vêtements sages. Parce que j’aime savoir que personne ne sait ce que je cache. Sauf que parfois j’aimerais que quelqu’un le découvre.
Je me suis inscrite à ce club rencontre locale sans trop y croire. Juste pour voir si quelqu’un cherchait la même chose que moi. Pas une relation. Pas des promesses. Juste la possibilité de sortir de ma tête et d’exister autrement. Avec quelqu’un qui comprend que le désir ça existe aussi chez les femmes qui trient le courrier.